Chronique de l'album :
Quand David Bowie publie Hunky Dory, le monde n'est pas tout à fait prêt à entendre ces histoires d'androgynes, adeptes d'Oscar Wilde. Lui, en revanche a pensé toute son entreprise, et avec cet album, il s'apprête à installer durablement son nom, ses métamorphoses et ses obsessions dans le paysage musical. Hunky Dory renferme tous ces ingrédients, des chansons comme "Changes" et "Life On Mars ?" diffusent instantanément l'insolent génie de Bowie. Un brin de cynisme pour ces textes irrévérencieux, et surtout un sens redoutable de la mélodie et des arrangements dont l'artiste sait depuis longtemps que les meilleurs ont été inventés entre 1960 et 1965. Des chœurs nubiles, bercés de cordes élégantes, une voix qui doit un peu à Ray Davies des Kinks, à Lou Reed, à qui il dédie le foudroyant "Queen Bitch", et à Bob Dylan, un piano – Rick Wakeman, alors clavier de Yes, magistral dans "Oh You Pretty Thing" – et enfin la guitare de Mick Ronson, pour sceller la musique dans le durable. Hunky Dory devient l'un des trois meilleurs albums de Bowie. --José Ruiz amazon.fr