Chronique de l'album :
Expérimental et déconcertant, cet album ponctue la fin d'un cycle dans la carrière d'Alain Bashung. Après le succès de "Vertige de l'amour", le rocker français ne choisit décidément pas la facilité et opère un virage radical. Côté textes, c'est la rupture avec Boris Bergman, et la rencontre avec Serge Gainsbourg. Pour un langage hors tradition, tout en paradoxes et détournements de sens, qui lui correspond bien et donne naissance tant au déroutant "J'croise aux Hébrides", où le rocker français se chante comme après sa propre mort, qu'au plus accessible "C'est comment qu'on freine". Musicalement, tout y est conduit jusqu'au paroxysme et à la dissonance, comme un passage obligé avant mutation. Les accords sont simples, les harmonies dénudées, entrecoupées d'une cacophonie de distorsions, d'échos, de sirènes. Un rock glauque, à l'ambiance intense, voire tragique. Un album sulfureux, mais captivant, et désormais culte. --Sylvie Devilette amazon.fr